MADRID - Le ministre saoudien du pétrole Ali Al-Nouaïmi s'est dit jeudi "inquiet" des niveaux de prix du pétrole qui ont dépassé les 146 dollars, mais a réaffirmé à l'occasion du XIXe Congrès du pétrole de Madrid que "l'offre répondait à la demande".
L'Arabie saoudite est "inquiète" des prix élevés du pétrole, a déclaré jeudi à la presse le ministre de la première puissance pétrolière mondiale.
"Ne sommes-nous pas attentifs aux prix? Si, nous le sommes, et c'est la raison pour laquelle le roi Abdallah a convoqué une réunion à Djeddah" le 20 juin, a-t-il poursuivi.
Mardi, le roi Abdallah avait affirmé dans une interview à la presse que les consommateurs devaient s'adapter aux prix élevés du brut.
"Les pays consommateurs doivent s'adapter aux prix et aux mécanismes du marché" pétrolier, avait déclaré le souverain saoudien, affirmant que les pays producteurs de brut n'étaient pas responsables de l'envolée des cours.
"Nous sommes assurément pour le dialogue" entre consommateurs et producteurs de pétrole, a insisté jeudi M. Al-Nouaïmi, rappelant que l'Arabie saoudite voulait oeuvrer en faveur d'une meilleure transparence sur les données pétrolières.
"La demande est là, mais l'offre répond à la demande", a-t-il par ailleurs répété. "Les stocks de l'OCDE ont grimpé de 20 millions de barils en mai", a-t-il affirmé à l'appui de sa démonstration.
Selon M. Nouaïmi, l'envolée du pétrole s'explique par la spéculation, la faiblesse du dollar et les tensions géopolitiques.
Le ministre saoudien a par ailleurs confirmé que Ryad allait porter à 9,7 millions de barils par jour sa production au mois de juillet.
Le baril de pétrole brut a dépassé jeudi matin le seuil des 146 dollars à Londres, atteignant les 146,69 dollars, après avoir atteint de nouveaux records à New York, au-dessus de 145 dollars le baril
L'embrasement de mercredi a été nourri par une diminution surprise des stocks de brut américains. Les réserves de brut des Etats-Unis ont reculé de 2,0 millions de barils, à 299,8 millions de barils, la semaine dernière et sont désormais de 15,3% inférieures à leur niveau il y a un an plus tôt, selon le département américain à l'Energie (DoE).
Or l'évolution de la consommation énergétique des Américains est très surveillée alors que les Etats-Unis entrent ce week-end dans la saison des grands déplacements estivaux en voiture.
AFP
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