Au cours des 26 ans de carrière de Cheikha Lubna Al Sashimi, le rôle des femmes aux Émirats a pratiquement changé du tout au tout. En 1983, elle est devenue la première femme ingénieure du pays, ayant commencé à travailler dans l’informatique. Aujourd’hui ministre du Commerce extérieur et première femme du pays à avoir occupé des fonctions ministérielles, Cheikha Lubna est fière de la façon dont le rôle des femmes a évolué. Dans un discours prononcé antérieurement à la Journée internationale de la femme, qui était hier, Cheikha Lubna a observé : « J’envie parfois – de manière positive – les jeunes femmes d’aujourd’hui. La voie leur est ouverte, et ceci grâce à des femmes comme moi. Maintenant, la collectivité considère cela tout normal. Cependant, c’est le fruit de l’évolution naturelle de la société et non pas quelque chose qui s’est produit du jour au lendemain. Les femmes, ici, se heurtent à très peu d’obstacles. Elles sont respectées. Les difficultés se situent uniquement dans l’esprit de celles-ci, comme par exemple le problème d’arriver à un juste équilibre entre leur carrière et leur famille », a-t-elle dit. « Les hommes sont mieux disposés à encourager leurs épouses, leurs filles, et ainsi de suite, mais le principal déterminant à été le leadership du gouvernement. » Elle a expliqué que ce qu’elle avait vécu durant son enfance passée aux Émirats, ainsi que l’influence de sa famille, avaient joué un rôle important dans sa vie, de même que dans ses fonctions de présidente et membre du jury pour l’Asie du Cartier Women's Initiative Awards, prix annuel récompensant les créatrices d’entreprises innovantes. « Mon père, aujourd’hui décédé, nous a toujours beaucoup soutenu, nous les filles et il nous traitait sur un pied d’égalité. J’ai toujours été persuadée que lorsqu’elles bénéficient du soutien direct de leur père, les filles s’épanouissent beaucoup mieux dès leur jeune âge » Fréquentant une école non mixte, elle était entourée d’élèves très motivées. Mais dans les matières qu’elle aimait – les sciences et les maths – elle arrivait toujours première ou deuxième. « Lorsque je m’ennuyais, je résolvais des équations différentielles. » Les Cartier awards – dans leur troisième année d’existence – ont pour but de récompenser les personnes « qui montrent l’exemple et représentent un modèle idéal, qui sont actives ». Elle a dit que cela faisait partie intégrante de la responsabilité sociale de chacun et chacune en tant que citoyens et citoyennes responsables. Cheikha Lubna a ajouté : « Toute initiative qui pousse les femmes à aspirer à un plus haut niveau de réussite est valable. Il ne s’agit pas seulement d’apporter un soutien financier, l’objet est de booster la confiance de ces femmes. » Le prix vise à distinguer et à soutenir des entreprises créées par des femmes dans le monde entier en leur offrant un soutien financier et un coaching. Les lauréates – une par continent – reçoivent en récompense un an de coaching et une somme de 20 000 dollars (73 460 dirhams). L’année dernière, on a reçu en tout 400 candidatures et cette année le concours a suscité un grand intérêt à la fois dans la région et aux Émirats. Parmi les projets présentés l’année dernière par les finalistes d’Asie figuraient une jeune entreprise de production alimentaire lançant des produis alimentaires philippins sains et une compagnie offrant des services de comptabilité aux jeunes entreprises.
The National
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