Connaissez-vous l'économie la plus ouverte du monde arabe ? Les noms des plus grands pays de la région défilent dans votre esprit.
Eh bien non ! Il s'agit du minuscule Bahreïn, qui confirme d'ailleurs sa bonne réputation au niveau mondial : il est la seizième économie la plus ouverte au monde, selon l'Index of Economic Freedom. Forbes le classe quant à lui à la trente-troisième position en terme d'environnement favorable aux affaires.
Des résultats qui prouvent que le pays n'est pas simplement une puissance pétrolière. Environ 75% du PIB provient de secteurs autres que le pétrole, en particulièrement des services et de la finance.
Méfiance alors, s'il s'agit de finance ? Pourtant, le Bahreïn se sort jusqu'à présent très bien de la crise, entre autres parce que son secteur bancaire est largement islamique. Le royaume est d'ailleurs l'un des pays précurseurs en ce qui concerne la finance islamique.
De sains principes financiers hérités de l'islam Les sains principes de cette finance ont contribué à protéger les établissements des produits toxiques : interdiction de percevoir des intérêts au simple motif de l'écoulement du temps, interdiction de prendre des risques élevés, comme au travers de la spéculation, obligation d'adosser toute activité à un actif réel et de partager les pertes et les profits entre les parties impliquées.
A cela s'ajoute l'interdiction d'investir dans des secteurs prohibés par la charia. Pas de subprime ou autre cadavre de ce genre-là dans les banques islamiques donc.
Toutefois, il ne faudrait pas pécher par excès d'optimisme et Luc Leruth, économiste principal aux Bureaux européens pour le FMI, explique : "Les banques de Bahreïn devraient plus souffrir dans la deuxième phase de la crise, qui touche l'économie réelle, qu'au cours de la première, plus financière. Cela s'explique entre autres par l'importance de leur implication dans le secteur immobilier. Le secteur bancaire est très bien régulé, mais manque encore de diversification."
La bonne régulation, la transparence et une bonne gestion des risques sont des qualités que la Banque mondiale souligne à propos de Bahreïn.
Des conditions, alliées à un régime fiscal attrayant – qui vaut d'ailleurs au royaume d'être placé sur la liste "grise" des paradis fiscaux de l'OCDE – qui contribuent à attirer nombre d'entreprises et d'investisseurs étrangers. Les investissements directs étrangers sont ainsi passés de 0,2 milliard BHD (0,4 milliard d'euros) en 2003 à 1,1 milliard BHD (2,2 milliards d'euros) en 2006.
Fini le tout-pétrole Le gouvernement bahreïni a publié un document sur les orientations politiques et économiques du pays d'ici à 2030. Il a une idée majeure en tête : la diversification. A ses yeux, le Bahreïn est encore trop dépendant du pétrole et du secteur public.
Le royaume a pour ambition de faciliter les investissements dans les entreprises privées, d'améliorer l'éducation des jeunes et de les pousser vers des postes de plus en plus qualifiés. "Le meilleur moyen de remédier aux déséquilibres et d'améliorer la qualité des emplois est d'entamer une transformation vers une économie dominée par un secteur privé dynamique – dans lequel des entreprises productives, engagées dans des activités très rémunératrices, offrent des opportunités de carrière à des Bahreïnis aux fortes qualifications."
La Bourse de Bahreïn fête ses vingt ans cette année. Sa capitalisation est passée de 1,04 milliard BHD (2,06 milliards d'euros) en 1989, à 8 milliards BHD (15,9 milliards d'euros) en 2006. Dans le même temps, la capitalisation du CAC 40 passait d'environ 180 à 805 milliards d'euros. En Bourse aussi, le Bahreïn est précurseur, il a été le premier du CCG (Conseil de coopération du Golfe) à ouvrir son marché, en 1999, aux étrangers. En 2005, l'indice Dow Jones Bahreïn a été créé.
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