Porsche s'achemine vers un accord avec le Qatar qui ferait de l'émirat un actionnaire direct et important de Volkswagen, un compromis qui ouvrirait la voie à une fusion des deux constructeurs automobiles, apprend-on de plusieurs sources impliquées dans les discussions.
Porsche se trouve affaibli par les neuf milliards d'euros de dettes accumulées lors de sa tentative de prise de contrôle de Volkswagen, lancée avant la crise financière.
Le constructeur haut de gamme a engagé des discussions avec le Qatar en vue d'une entrée de celui-ci à son capital mais l'évolution de la situation au profit de Volkswagen a conduit l'émirat à privilégier désormais ce dernier.
Les pourparlers sur une éventuelle fusion Porsche-VW sont gelés en attendant la décision du Qatar.
Pour tenter de sauver le projet de fusion, Porsche est désormais prêt à céder au Qatar ses options sur 20% environ des actions à droit de vote de Volkswagen, ont dit des sources directement informées de la situation. Porsche détient déjà un peu plus de 50% du capital de Volkswagen.
"C'est l'option la plus probable", a déclaré l'une des sources. "Il semble que le Qatar va acheter des actions Volkswagen", a dit une autre source. Une personne proche de Porsche a déclaré de son côté que "toutes les options sont sur la table".
"La vente des options de Porsche résoudrait les problèmes de financement (de Porsche)", a expliqué une troisième source, ajoutant que le Qatar deviendrait le troisième actionnaire de Volkswagen.
"Cela ne serait pas très différent du cas dans lequel il investirait directement dans Porsche et, via Porsche, indirectement dans Volkswagen", a-t-elle poursuivi, précisant que le Qatar souhaiterait disposer d'une minorité de blocage.
Un accord avec le Qatar pourrait mettre l'émirat sur un pied de quasi-égalité avec le deuxième actionnaire de Volkswagen derrière Porsche, le Land de Basse Saxe.
Le fonds souverain qatari Qatar Investment Authority (QIA) n'a pu être joint dans l'immédiat pour commenter ces informations.
Porsche s'est refusé à tout commentaire et le directeur financier de Volkswagen, Hans-Dieter Pötsch, a refusé d'évoquer le sujet.
Version française Marc Angrand www.lepoint.fr
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