Le président du Parlement irakien, Iyad al-Samarraï, a proposé mercredi au Koweït d'investir en Irak les milliards de dollars que lui doit encore Bagdad à titre de compensations dans le cadre des sanctions de l'ONU pour avoir envahi l'émirat en 1990.
M. Samarraï a fait cette proposition au terme d'une visite de quatre jours au Koweït, axée sur les relations entre les deux pays, tendues en raison d'une polémique sur la question des réparations de guerre.
"Les compensations sont prévues dans les résolutions de l'ONU (...) et elles ne peuvent être amendées que par une révision de ces résolutions", a déclaré M. Samarraï lors d'une conférence de presse.
Il a ajouté avoir présenté à ses interlocuteurs koweïtiens "une alternative, qui consiste à offrir au Koweït (...) des perspectives d'investissement en Irak".
"Cela passe par un accord entre les deux pays, en vertu duquel les compensations irakiennes seraient versées au Koweït qui les réinvestirait en Irak", a-t-il expliqué, ajoutant que cela servirait les intérêts des deux parties.
Cette proposition devrait être étudiée par les gouvernements des deux pays, a cependant indiqué le président du Parlement irakien qui a été reçu, durant sa visite de quatre jours, par les hauts dirigeants du Koweït dont l'émir, cheikh Sabah al-Ahmed Al-Sabah.
Bagdad verse actuellement 5% de ses revenus pétroliers à un fonds géré par une commission de compensation de l'ONU. Le Koweït a reçu quelque 13 milliards de dollars mais 25,5 milliards sont encore impayés.
En juin, l'Irak avait demandé une baisse de ces compensations impayées.
"Jusqu'à avril 2009, l'Irak a payé 27,1 milliards de dollars sur le total de ces compensations," a déclaré son ambassadeur à l'ONU, Hamid al-Bayati, lors d'un débat au Conseil de sécurité.
"Mais il y a encore une dette de 25,5 milliards de dollars, un lourd fardeau pour l'Irak qui a besoin de cet argent pour financer ses services, sa reconstruction et son développement", a-t-il ajouté.
Selon une source diplomatique ayant souhaité garder l'anonymat, l'Irak a demandé, lors de consultations à huis clos, que ce pourcentage soit abaissé à 2,5%.
L'Irak veut que le Conseil de sécurité reconnaisse qu'il ne présente plus de menace pour la sécurité internationale, ce qui était la raison invoquée pour l'imposition de sanctions au régime de Saddam Hussein et le déclenchement de la guerre du Golfe de 1991 pendant laquelle ses forces avaient été chassées du Koweït.
Mais le Koweït insiste pour qu'il n'y ait pas de changement dans la position du Conseil de sécurité tant que ses résolutions n'ont pas été pleinement respectées.
L'émirat a lancé le 20 mai une campagne diplomatique auprès du Conseil pour demander le règlement du contentieux avec l'Irak, sur les frontières, les disparus et les biens volés pendant les sept mois d'occupation irakienne.
Lemonde.fr
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