Qui est ce Cheikh Mohammed al Maktoum, prince régnant de Dubaï, qui remportechaque mois d'août à Deauville les enchères records dans les ventes de pur-sang ? Ils sont trois à se disputer les enchères records des ventes de yearlings de Deauville : l'Irlandais John Magnier du haras de Coolmor, le Japonais Teruya Yoshida mais, surtout, le Cheikh Mohammed Al Maktoum. À lui seul l'émir de Dubaï assure l'essentiel du marché. Si le prince d'un des sept états des Émirats arabes passionné de chevaux de courses se retirait, ce serait une catastrophe pour l'économie mondiale du cheval.
Son influence n'a d'égale que sa discrétion. Si Mohammed Maktoum, 60 ans, est reconnaissable cheveux et barbe de geai, regard noir perçant, ce n'est pas lui qui lève le doigt pour enchérir. Ses courtiers et son staff imposant s'en chargent. Mais il voit lui-même tous les poulains qui l'intéressent. L'homme le plus puissant de Dubaï s'est entouré des meilleurs pour faire gagner ses couleurs sur tous les hippodromes. Comme le crack jockey anglo-italien Lanfranco Dettori ou l'entraîneur français André Fabre. Avec son frère Khalid Abdullah, Mohammed a créé l'écurie familiale Godolphin, toque et casaque bleu électrique. Les Maktoum possèdent plus d'un millier de chevaux de courses entraînés dans le monde entier : Émirats, Irlande, Angleterre, États-Unis... Leurs investissements dans la filière sont énormes.
2 millions d'eurosle yearling !
Vendredi à Deauville, Mohammed a encore mis le plus forte enchère sur un poulain alezan présenté par le haras d'Étreham, près de Bayeux : 900 000 euros. On comprend qu'il l'ait repéré : il possède déjà le demi-frère... vainqueur de la Dubaï World cup. Ce week-end Mohammed Maktoum a acheté sept poulains pour un total de 3,3 millions d'euros. C'est peu comparé aux quatorze yearlings achetés en 2008 pour près de 4,5 millions d'euros. 10 % du chiffre d'affaires total ! En 2002, il avait battu le record jamais égalé depuis : 2 millions d'euros pour un seul poulain.
Le Cheikh Maktoum ne reste que quelques heures à Deauville entre les ventes et les courses comme hier au prix Le Marois Fresnay le Buffard. Laissant à son personnel et ses collaborateurs sa villa cossue mais sans ostentation sur le front de mer, à deux pas du casino.
L'ancien étudiant en Grande-Bretagne est devenu souverain en janvier 2006 à la mort de son frère qui ne manquait jamais, lui non plus, les ventes de pur-sang de Deauville. Mohammed poursuit le gigantisme des projets immobiliers lancé par son ainé pour faire de Dubaï « la première destination du tourisme de luxe ». Avec l'hôtel le plus luxueux et le plus « étoilé » du monde, l'immeuble le plus haut du monde ou le Palm Islands, presqu'île artificielle en forme de palme... Lui-même très bon cavalier en concours de sauts d'obstacles depuis 40 ans, il a épousé la princesse Haya de Jordanie, fille de Hussein et soeur du roi Abdallah II. Haya préside la fédération équestre internationale (FEI) qui vient d'attribuer l'organisation des jeux équestres mondiaux de 2014 à la Basse-Normandie.
Xavier ORIOT. www.ouest-france.fr
|