Le président des Emirats arabes unis cheikh Khalifa Ben Zayed Al-Nahyane, reconduit mardi pour un deuxième mandat de cinq ans, est un dirigeant prudent soucieux de poursuivre la politique de son père, le fondateur de cette fédération pétrolière du Golfe. Cheikh Khalifa, 61 ans, a été reconduit dans ses fonctions par le Conseil fédéral suprême, l'organe de direction du pays, composé des souverains des sept membres de la fédération.
Il a accédé à la présidence en novembre 2004 à la mort de son père, cheikh Zayed Ben Sultan Al-Nahyane, fondateur (en 1971) et premier chef d'Etat. Il est également souverain de l'émirat d'Abou Dhabi, qui assure plus de 90% de la production de brut du pays, quatrième producteur de l'Opep et détenant des réserves pétrolières de 97,8 milliards de barils (5e rang mondial). Cheiks Khalifa a supervisé la poursuite d'un développement économique effréné dans le pays, notamment dans les domaines immobilier et touristique. Mais, grâce à une politique prudente, l'émirat d'Abou Dhabi a mieux résisté que Dubaï aux effets de la crise économique mondiale. Fidèle à la politique de son père, artisan de la fédération, cheikh Khalifa a toutefois prêté main forte aux autres émirats, touchés par la crise. En outre, son premier mandat présidentiel a été marqué par une expérience électorale de portée certes limitée mais qui a constitué une grande première dans ce pays du Golfe. Les Emirats ont organisé fin 2006 un scrutin pour l'élection par des collèges de grands électeurs choisis par les souverains des sept émirats de la moitié des 40 membres du Conseil national fédéral (CNF), une assemblée consultative sans réel pouvoir. Les femmes ont pu participer à ce scrutin à la fois comme candidates et électrices. Fils aîné du fondateur de la fédération, cheikh Khalifa est né en 1948 du mariage de cheikh Zayed ben Sultan al-Nahyane avec l'une de ses cousines, Hossa ben Mohammad ben Khalifa Al-Nahyane, à Al-Aïn. Cette oasis de l'émirat d'Abou Dhabi ne comptant aucun établissement scolaire, il est allé à l'école coranique. Après l'accession de son père au poste de souverain d'Abou Dhabi, alors que la fédération des Emirats n'existe pas encore, Khalifa est nommé représentant du souverain dans la région orientale et président des tribunaux de cette zone. A 21 ans, il devient, le 1er février 1969, prince héritier d'Abou Dhabi, puis, le lendemain, président du département de la Défense de l'émirat, à l'occasion de la création de la Force de Défense d'Abou Dhabi, qui sera le noyau de la future armée fédérale. Après la création des Emirats arabes unis, le 2 décembre 1971, et la constitution du gouvernement fédéral, cheikh Khalifa est désigné vice-Premier ministre du nouvel Etat. Il préside ensuite le Conseil supérieur du pétrole, organisme doté de larges pouvoirs dans le domaine énergétique. Cheikh Khalifa a également occupé la présidence du Fonds monétaire arabe (FMA), organisme établi par la Ligue arabe et basé à Abou Dhabi qui a notamment pour tâche d'aider les pays membres à remédier aux déséquilibres budgétaires ou de la balance des paiements et à stabiliser leurs taux de change. A l'instar de son père, il est soucieux d'entretenir de bons rapports avec les tribus, dont il reçoit fréquemment des membres dans ses palais. Il a également été à l'origine de la création d'un département des services sociaux dont le but est de contribuer à l'amélioration du niveau de vie de ses compatriotes. Cheikh Khalifa est connu pour l'intérêt qu'il porte aux sports traditionnels, en particulier les courses de chevaux et de chameaux.
AFP et www.leparisien.fr
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