Il est incontestable que certaines sociétés de Dubaï éprouvent des difficultés à rembourser leurs dettes. Mais seul un petit nombre d’entre elles est contraint de prendre des mesures extraordinaires pour réduire ses remboursements et les ramener à un niveau supportable. Pour apprécier la véritable situation il faut aller plus loin que la perception évoquée par les grands titres apocalyptiques des médias. L’économie de Dubaï reste en grande partie viable, elle continue de croître et de créer des liquidités. Malgré le ralentissement que l’économie est susceptible de connaître en raison de la réduction par les sociétés de leur niveau d’endettement, Dubaï restera un pôle commercial et financier stratégique dans la région du Golfe et continuera d’exploiter ses points forts dans des domaines tels que la réexportation, la logistique, la construction navale et le tourisme. Le secteur immobilier surbâti est le fléau numéro un de l’économie de Dubaï. Toutefois, l’énorme baisse des prix immobiliers et des loyers, bien qu’elle ait été douloureuse pour les investisseurs et leurs banquiers, a réduit le coût de la vie et des affaires dans la ville. À terme, cela permettra des économies, facilitera les investissements et renforcera la capacité de l’émirat à sortir de ses dettes. « Bien que le secteur immobilier soit toujours en difficulté et qu’il n’ait pas réussi à tenir ses nobles promesses, Dubaï a atteint la masse critique en s’imposant comme pôle commercial régional et peut exploiter cet atout » a déclaré Eckart Woertz, Directeur de programme Économie au Centre de recherche du Golfe basé à Dubaï. La nouvelle, la semaine dernière, que le groupe phare de Dubaï, Dubai World, demandait un moratoire sur le remboursement de 26 milliards de sa dette de 59 milliards de dollars a provoqué l’effondrement des marchés dans le monde entier, suscitant des craintes que cela ne s’étende à d’autres marchés émergents et qu’une éventuelle crise d’endettement déstabilise le système financier mondial. Toutefois, les déclarations rassurantes de Dubaï et d’ailleurs et un examen plus approfondi de la question par les analystes financiers et les économistes ont, depuis, calmé les marchés mondiaux. Pour la plupart des analystes, Dubaï est tout simplement victime des normes de crédit plus strictes mises en place dans les marchés mondiaux de la dette au lendemain de la crise financière. En fait, les sceptiques ont été surpris par la capacité de Dubaï à refinancer la plupart de ses paiements de dettes depuis le début de la crise mondiale en octobre 2008. Il est estimé que Dubaï a refinancé, cette année, près de 9 milliards en paiements de dettes. L’émirat a été en mesure de lever 1,9 milliards de dollars grâce à une nouvelle émission d’obligations islamiques, quelques semaines seulement avant la demande de moratoire de Dubai World. Dubaï a également levé 15 milliards de dollars en vendant de nouvelles obligations d’origine locale. Quelques jours après l’annonce de la demande de moratoire, la Direction de la zone franche de Djebel Ali Free (Jafza), qui est une société de Dubai World, a en fait payé un coupon de 7,5 milliards de dirhams dans les temps voulus. Les principaux banquiers de Dubaï ont également émis des déclarations attestant de leur confiance dans les capacités de l’émirat et dans sa volonté de relever les défis. Le Président de la Banque mondiale, Robert Zoellick, a déclaré samedi que la restructuration de la dette de Dubaï se confinerait essentiellement à l’émirat et à une poignée de gros créditeurs et que ses répercussions sur les marchés de la dette en dehors du Golfe seraient limitées.
Khaleej Times
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