Les E.A.U. ont adopté une nouvelle directive fédérale prescrivant que tous les sacs et matériaux d’emballage utilisés dans le pays devront être fabriqués, d’ici à 2013, à partir de matières biodégradables. Les usines et les établissements commerciaux qui enfreindront le décret seront passibles de lourdes amendes pouvant atteindre jusqu’à 50 000 dirhams, ce qui reflète le ferme engagement pris par les E.A.U. de renforcer leurs normes environnementales et se fait l’écho d’une tendance nationale croissante vers des stratégies plus efficaces de gestion des déchets. Les E.A.U. figurent parmi les gros producteurs de déchets. Le volume moyen annuel d’ordures ménagères s’élève à Abu Dhabi à 730 kg par habitant, Dubaï suivant de près avec 725 kg. Ces chiffres sont près de 30 pour cent supérieurs à la moyenne annuelle affichée par les pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). De toute évidence, la production effrénée de déchets constitue aujourd’hui une menace grave pour la sécurité et le bien-être des résidents du pays et de l’environnement national. Face à ce problème, les gouvernements locaux réagissent en introduisant des programmes qui leur sont spécifiques. « Il peut être difficile de maintenir un équilibre entre le progrès et la responsabilité envers l’environnement. Le Moyen-Orient, qui ne souhaite pas sacrifier sa richesse naturelle en faveur de gains économiques, travaille aujourd’hui très activement à l’exploration de solutions permettant de résoudre des problèmes environnementaux tels que l’accumulation croissante de déchets. Pour parvenir à adopter une stratégie concluante en matière de gestion des déchets, il est essentiel d’encourager un dialogue ciblé entre les différents acteurs à l’échelle régionale afin de déterminer l’ampleur des menaces pour l’environnement et les meilleures façons de les maîtriser », a déclaré Hassan Makki, ingénieur et directeur du Département de la gestion des déchets de la municipalité de Dubaï. Sharjah est devenu, en 2007, le premier émirat à ouvrir une usine spécialisée dans le recyclage des matériaux de construction. Cette usine traite aujourd’hui 2 000 tonnes par jour de matériaux de construction et de démolition et transforme ceux-ci en éléments de construction bruts réutilisables de haute qualité. Dans le même temps, Abu Dhabi assiste déjà à la mise en œuvre de la deuxième phase de l’installation d’un réseau de 115 conteneurs de 20 mètres cubes situés à différents endroits, qui constitueront d’ici juillet 2010 un système souterrain électrohydraulique de ramassage des ordures. Dubaï a également vu bon nombre d’initiatives ayant trait à la gestion des déchets. L’année dernière, l’émirat a construit la plus grande usine de traitement des déchets médicaux du Moyen-Orient. Plus récemment, une société implantée à Dubaï a lancé les premières assiettes à usage unique entièrement biodégradables des E.A.U. Celles-ci sont fabriquées à partir d’aréquiers tombés et se décomposent naturellement au bout de deux mois. Philip Shabecoff, l’ancien rédacteur en chef spécialisé dans les questions d’environnement du New York Times, a observé un jour que « le bulldozer et non pas la bombe atomique pourrait s’avérer l’invention la plus destructive du XXe siècle. » Bien que la prospérité représente l’une des plus grandes aspirations de l’être humain, on ne doit jamais la rechercher au prix de l’environnement. Dans le cadre de réunions telles que le Sommet du Moyen-Orient sur les déchets, le Monde arabe continuera de préconiser une approche du progrès qui soit respectueuse de l’environnement et de faire inlassablement la guerre aux déchets et autres menaces pour l’environnement.
- Khaleej Times
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