Qatar “offre” la carte résident permanent aux étrangers

Les étrangers « ayant rendu service au Qatar » ou « dont les compétences peuvent bénéficier au pays » auront les mêmes privilèges que les Qataris, comme les services publics gratuits.

Sur les 2,7 millions d’habitants du Qatar, 80 % sont des étrangers. Ces milliers de travailleurs migrants, principalement employés comme personnels de maison ou sur les chantiers, sont loin de disposer des mêmes avantages que les Qataris. Mais pour certains d’entre eux, triés sur le volet, cela pourrait changer.

Le gouvernement a en effet décidé d’accorder le statut de « résident permanent » à un maximum de 100 expatriés chaque année, d’après un décret paru le 4 septembre. Ce statut n’égale pas tout à fait l’octroi de la nationalité à des résidents étrangers, mais il s’agit d’une avancée notable pour un pays du Golfe.

Cette catégorie de résidents aura accès aux services publics gratuits, comme la santé et l’éducation. Ils auront la priorité dans les nominations aux emplois dans l’administration et l’armée. Et pourront également devenir propriétaire et créer une société sans avoir besoin d’un partenaire local.

Pour ceux qui ont rendu des « services importants »
Pour être éligibles, les résidents au Qatar nés à l’étranger doivent avoir vécu dans le pays pendant 20 ans, selon le décret. Une maîtrise de la langue arabe, une preuve de revenus suffisants et une réputation juridique solide sont également nécessaires.

 

Les enfants de femmes qatariennes mariées à des étrangers, les conjoints de citoyens et les enfants de Qataris naturalisés deviendront automatiquement des résidents permanents. Les personnes qui ont rendu des « services importants » à l’Etat et qui possèdent des compétences « précieuses » sont exemptées de ces conditions d’admissibilité.

Une fois la nouvelle loi mise en oeuvre, les résidents permanents pourront entrer et sortir du pays sans la permission de leurs employeurs, ce qui est encore nécessaire pour les autres résidents.

 

Cette annonce intervient au moment où le Qatar a été mis au ban par ses voisins qui l’accusent de soutien au « terrorisme » et de rapprochement avec l’Iran, le grand rival chiite de l’Arabie saoudite, pays sunnite membre du Quartet anti-Doha. Le pays rejette ces accusations et multiplie les annonces pour redorer son image en occident et ainsi contourner son isolement dans la région.

Source: Les Echos